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International Society of Neuropsychophysiology DNA cervello coscienza consapevolezza educazione
International Society of NeuropsychophysiologyDNA cervello coscienza consapevolezza educazione

 

EDUQUER DANS L’ENFANCE

 

 LA DIGNITE’ HUMAINE*

  

 

 

Michele Trimarchi

 

 

 

UNITED NATIONS COMMITTEE ON THE RIGHTS OF THE CHILD

 

  

Day of General Discussion

 

 The Right of the Child to be Heard

 

Genève, Palais Wilson, le 15 septembre 2006

  

 

 

* Discours inaugural du Colloque international « Education pour la dignité humaine – une méthodologie scientifique pour exprimer le potentiel universel du génome humain » organisé par IPV, Commission nationale italienne pour l’UNESCO, Université de Rome Tor Vergata (Rome, Salle des Présidents, Palais Giustiniani, Sénat italien, le 23 février 2006)

 

 

 

Résumé

 

Le respect de la dignité passe par l’éducation, qui doit mettre l’individu en condition de sentir l’importance et l’immensité qui sont en puissance dans son cerveau, favorisant son acquisition consciente de son potentiel (biologique et psychologique), dans la conscience que la vie lui sert pour s’enrichir, un jour après l’autre, en connaissances utiles à son expression ainsi qu’à son évolution.

 

 

Ceci est le premier Colloque consacré à l’Education pour la Dignité Humaine, et ce qui nous a poussés à le réaliser se base tout d’abord sur l’émotion innée dans le concept de dignité. Pour nous dignité n’est pas un mot, mais une valeur qu’on sent dedans : l’enfant, lorsqu’il nait, l’a déjà en soi en tant que pulsion biologique, qui l’amène à empêcher avec force à quiconque de le violer. Donc l’émotion pour nous lorsque nous parlons de dignité est intense, et je demande à vous tous de vous lever un instant debout pour offrir une minute de méditation, de réflexion, en pensant à tout ceux qui, au cours de l’histoire, ont donné leur vie en défense de la dignité humaine: femmes et hommes qui ont le droit d’être rappelés car ils ont payé un prix très élevé pour protéger cette valeur – qui se trouve chez tous les êtres humains de la planète – et nous permettent aujourd’hui de parler de dignité.

 

Partons donc de la contribution qu’ils ont offerte par leur vie à l’humanité et poursuivons leur œuvre, en donnant tout d’abord clarté sur la signification substantielle de dignité, afin de permettre à tout être humain de sentir fortement en soi l’émotion de cette valeur, qui est la valeur même de la vie d’une personne. On ne peut quantifier la valeur d’une vie humaine ni en faire trafic, car c’est une valeur infinie: chacun doit pouvoir la sentir et vivre en soi. La famille, l’environnement, la société et toutes les institutions doivent la tenir en compte et la protéger car c’est dans la dignité que réside la sacralité de la vie et il faut la témoigner et la faire sentir, la respectant en tout et en tous, sans conditions.

 

Le respect de la dignité passe par l’éducation, un très beau mot dans ses contenus substantiels, mais inconnue justement pour ceux qui l’emploient: éduquer, ex-ducere, faire ressortir le potentiel de l’être humain! Mettons-la bien en mémoire, vivons-la en sa substance et faisons-la devenir un projet que les Etats et leurs institutions doivent avoir parfaitement clair afin de pouvoir le réaliser. L’Etat est comme un organisme vivant et ses organes devraient permettre d’atteindre les finalités et les buts de l’Etat: c’est inutile que la Constitution contienne des principes très importants, si après l’on oublie que ces principes représentent le projet d’un Etat que le gouvernement a la fonction de rendre opérationnel, permettant le bon fonctionnement de l’Etat même dont le but est de faire en sorte que chaque citoyen puisse se réaliser pleinement en tant qu’un être unique et qu’on ne peut répéter.

 

On pourrait tous être heureux, mais les générations qui nous ont précédés n’ont pas su préparer un milieu où chaque enfant peut découvrir soi-même et le monde sans être « violé » par l’ignorance d’un système social, politique et économique qui continue d’imposer des règles violant la dignité de l’être. Dans l’ignorance il n’y a pas de faute, mais à présent on ne peut plus aller de l’avant par ignorance, approprions-nous et diffusons une connaissance permettant d’éduquer et de respecter l’être humain. Déjà il ya trente ans nous avons dit que les « secrets » de l’homme sont enfermés à l’intérieur de son cerveau et la Neuropsychophysiologie l’a démontré : la dignité est inhérente au cerveau dès la naissance comme valeur infinie de la vie; la liberté est une conquête que l’être doit réaliser au fur et à mesure qu’on découvre le monde qui l’entoure et, d’autant plus on acquière connaissance d’autant plus on est libre; le développement du sens de justice dépend du degré de connaissance que l’individu a de lui-même, car seul si l’on connait la valeur de sa dignité et de sa vie on peut la reconnaitre et la respecter chez les autres, en appliquant le principe: « Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on fasse à toi ».

L’éducation doit mettre l’individu en condition de sentir l’importance et l’immensité qui sont en puissance dans son cerveau, le favorisant dans son processus de croissance, qui n’est rien d’autre qu’une graduelle acquisition consciente de son potentiel (biologique et psychologique), qui devrait s’achever avec la puberté: c’est dans cette phase, en effet, qu’à l’achèvement du développement biologique doit correspondre un achèvement du développement de la conscience, c'est-à-dire de ce moi en mesure de gérer son cerveau avec tout le potentiel qui s’est développé. La tache de l’éducation est donc d’ex-ducere le potentiel du génome humain pour permettre à l’individu d’être déjà dans la puberté « sage » et « heureux », dans la conscience que la vie va lui servir pour s’enrichir, jusqu’au dernier jour, en connaissances utiles à son expression ainsi qu’à son évolution. Malheureusement cette éducation n’existe pas encore, celle qu’on réalise aujourd’hui n’est que de l’instruction: l’on instruit le cerveau humain comme un ordinateur, le contraignant à acquérir une culture sans former en même temps un moi conscient en mesure de l’utiliser consciemment.

Nous sommes donc allés étudier par la Neuropsychophysiologie l’anatomie et la physiologie de la conscience, c’est-à-dire comment la conscience se développe au sein du cerveau, ce que signifie amour, ce que signifie liberté, comment naissent agressivité et égoïsme, quelle est la signification de la douleur et de la souffrance. Nous avons cherché dans le cerveau l’essence de l’être humain et avons vu que personne nait « bonne » ou « méchante », mais chacun nait avec ce grand et merveilleux projet génétique devant pouvoir donner vie à un individu conscient, sage, heureux, en mesure d’aimer et de créer harmonie en syntonie avec les lois de l’univers.

Il sert à peu de naitre biologiquement si ne l’on nait pas en conscience! Il y a des gens qui maudissent la vie, mais si on n’a pas découvert le sens de la vie comment peut-on la maudire? L’article 3 de la Constitution italienne dit que l’Etat doit lever tous les obstacles empêchant la pleine réalisation de l’être humain. Il suffirait dans ce but de centre toute l’œuvre d’éducation, sociale, économique et politique sur cette immense valeur qu’est la dignité humaine. L’éducation doit mettre l’être dans la condition de découvrir soi-même ainsi que le monde qui l’entoure, de s’identifier et d’identifier la réalité, sans se perdre dans le dédale d’interprétations le menant à se dissocier et à entrer en conflit avec ceux qui donnent des interprétations différentes. La réalité ne doit être interprétée, mais identifiée : l’hémisphère droit de tous les êtres humains identifie constamment la réalité dans son dynamisme, en prend les caractéristiques objectives (sa forme) et son but et ce sont des données universellement valables, sous toute latitude ; l’hémisphère gauche doit traduire les perceptions du droit sous forme de codes de communication, mais les codes doivent se fonder sur la réalité, non pas sur des interprétations abstraites.

A présent on a les idées claires sur la façon par laquelle la conscience se développe: elle se développe sur la base de l’identification objective et du but de la réalité. L’identification objective permet de remarquer les aspects formels de la réalité, les caractéristiques qu’on remarque à travers les cinq sens, l’identification du but permet d’en remarquer les aspects substantiels, le fin de ce qu’on observe, sa fonction : Nos deux hémisphères cérébraux, travaillant en synergie, permettent de développer ce moi qui prend conscience de la réalité en ses aspects formels et substantiels et les maintient intégrés, mais malheureusement les systèmes éducatifs actuels « violent » le cerveau empêchant précisément le synergisme inter hémisphérique et donc que le moi se développe, le pilote qui devrait conduire le cerveau à identifier soi-même ainsi que le monde.

La situation est toujours plus sérieuse et conflictuelle et cela parce que l’éducation de la conscience humaine manque. Regardons la réalité sans nous faire des illusions qu’elle soit différente : la société est « schizophrénique », dissociée, chaotique, la conflictualité déferle à tous les niveaux, les familles s’écroulent, les diverses formes de malaise et de psychopathologie frappent désormais aussi les enfants, l’environnement est toujours plus compromis par des politiques économiques centrées sur un profit qui laisse trop de victimes autour de lui. N’attendons pas que cette dégénération augmente, mais soulignons ses causes et réalisons tout de suite des interventions pour inverser sa route. La cause à l’origine est le manque d’éducation pour la dignité, pour la conscience: de cette éducation qui permet à une personne de sentir en elle la joie d’exister, le plaisir de vivre, non pas toutes ces formes de plaisir dont on fait désormais trafic et que l’être doit « payer » pour avoir, non seulement avec l’argent, mais avec sa dignité même. Tout ce qu’on veut nous « vendre » n’est pas utile à notre bonheur. L’individu doit être dans la condition de décider et, afin de décider, il doit connaitre. Nous devons expliquer et démontrer à l’enfant déjà l’utilité de ce qu’on lui offre, l’utilité pour sa vie et sa croissance. L’enfant a besoin de grandir tout d’abord en conscience et connaissance, il doit connaitre soi–même et le milieu où il doit vivre. Eduquons-le alors à connaitre ces valeurs étant concrètement universelles – la dignité, la justice, la liberté, l’amour – et lui il pourra les découvrir en soi, les expérimenter et les vivre dans son milieu aussi, en créant des rapports qui intègrent et harmonisent les diversités, qui unissent pour coopérer. Tous les êtres humains seraient heureux de rester ensemble et de communiquer : la communication a en elle un potentiel énorme, mais doit se faire dans le respect de la dignité de chacun, autrement il n’y a pas de dialogue mais des revanches, des impositions et des soumissions, des clôtures, des souffrances. Communiquer signifie « mettre en commun » sa connaissance pour chercher ensemble une vérité qui intègre la connaissance d’autrui, sans jamais rien accepter ou imposer qui viole la dignité personnelle et de l’autre.

La dignité n’accepte pas des compromis et, si elle est violée, une réaction se déclenche « physiologiquement »: c’est pour cela qu’il faudrait étudier avec attention toute réaction, surtout chez les enfants, car elles partent toujours en défense de leurs droits fondamentaux, c’est-à-dire le droit à la liberté, au respect, à la justice, à l’amour.  Les enfants n’on pas demandé à naitre et c’est la responsabilité de qui les met au monde de leur faire sentir la joie d’être nés ! Donc la femme et l’homme, avant de procréer, doivent pouvoir vérifier s’ils ont muri en eux la conscience de ce que signifie de mettre au monde un bébé. Les premières années de la vie sont fondamentaux non seulement pour le développement perceptif, sens-moteur, émotionnel et cognitif, mais surtout pour développer le moi conscient de l’enfant. Mais, si nous ne savons pas comment nous rapporter à lui, comment pouvons-nous l’éduquer ? Dans la première période de vie la communication avec l’enfant se fait au niveau sensoriel et émotionnel : tous nos gestes et tons de voix doivent naitre de notre sensibilité afin de pouvoir   résonner avec l’enfant, ils doivent lui transmettre chaleur, joie, harmonie, de sorte qu’il ait ces « fondements » sur lesquels bâtir sa conscience, son autonomie, son auto-estime, sa capacité de se rapporter au monde en identifiant la réalité ainsi qu’elle est. Cela est éduquer, ex-ducere la « puissance » innée en son génome, en ce merveilleux projet génétique qui dit pouvoir se réaliser au cours de la vie.

Le développement biologique suit son cours et ne demande pas notre intervention : il suffit de fournir la nourriture nécessaire et le corps grandit, mais à quoi servirait une chose de genre? Pour traverser toutes les phases biologiques jusqu’à la mort ? Est-ce qu’on ne nait que pour mourir? Non, on nait biologiquement pour pouvoir naitre en conscience. Si notre naissance consciente ne s’avère pas, nous n’atteindrons pas le but même de notre vie, nous finirons par être des « avortons de conscience »! Ce sont des mots durs, mais la réalité est sous les yeux de tous. Regardons autour de nous avec attention et responsabilité : nous voyons des adultes auxquels manquent la mère ou le père, des adultes qui s’annulent dans une recherche spasmodique d’amusement, des adultes qui cherchent des compensations dans le travail, dans la famille, dans les amis, des adultes prisonniers en tant de formes de dépendance (de son copain, du prestige, des gratifications d’autrui)… mais qu’est-ce que cela signifie ? L’individu à 10-12 ans devrait être déjà autonome ! Pourquoi quelqu’un devrait-il lui manquer ? S’il est autonome il est libre de se rapporter à tous : libre, non pas dépendant des autres, à partir de ses parents. Etre autonome ne signifie pas n’avoir pas besoin des autres, mais que c’est moi qui devrait demander à mes parents une aide pour me réaliser, pour réaliser mes projets : des projets qui me font grandir, m’améliorent, augmentent ma puissance. Les parents devraient être un « guide » pour leurs enfants, un point de repère en mesure de fournir des propositions utiles à leur croissance. Ainsi les rapports entre parents et enfants seraient « vivants », constructifs, très beaux.

Au contraire l’on est encore très loin de réaliser une éducation en mesure de ex-ducere le potentiel de l’être humain : il faut modifier complètement les systèmes d’éducation : nous ne devons plus instruire quelqu’un sans faire participer en même temps le moi de l’enfant au parcours d’instruction. Il faut éduquer avec le « consentement informé » : l’enfant doit pouvoir comprendre l’utilité qu’a pour lui ce qu’on lui offre, il doit pouvoir désirer ce que nous lui devons apprendre. N’importe quelle forme d’imposition crée un bloc dans le cerveau, une dissociation fonctionnelle entre les deux hémisphères: si l’enfant est obligé à apprendre, cela signifie qu’il n’a pas compris ce que nous lui apprenons, il n’en a pas vu l’utilité, car tout enfant veut connaitre et l’enseignant doit le stimuler à demander de la connaissance, non pas l’obliger à répéter sur la base de la note et des gratifications et des punitions qui lui sont liés. Les système du prix/punition est le même dont se servait Skinner pour ses expériences sur le conditionnement : il entrainait des souris dans les cages à suivre un parcours obligé leur envoyant une décharge électrique lorsqu’elles se trompaient de route et leur donnant de la nourriture lorsqu’elle la devinaient. Mais est-ce que nous éduquons les enfants comme ça ? Et l’on parle de dignité ? La dignité de l’être humain doit être respectée dès sa naissance et l’établissement scolaire, de l’école maternelle à l’université, doit appliquer une méthode   éducative centrée sur le respect de la dignité humaine, sans plus utiliser des prix et des punitions qui, en fait, conditionnent le cerveau de l’enfant lui induisant de l’anxiété, des tensions, des peurs, faisant souvent dépendre son auto-estime du succès scolaire. L’auto-estime de l’enfant doit se fonder sur la conscience de sa dignité, sur la connaissance que petit à petit il acquiert de soi et de son milieu, non pas sur le « succès » qu’il obtient aux yeux des autres, qu’ils soient ses parents, ses enseignants, ses amis ou quiconque d’autre.

La méthode éducative centrée sur le respect de la dignité humaine prévoit que l’enfant participe à son éducation : l’enseignement doit être utile à l’enfant, qui doit être pleinement conscient du but de l’enseignement, c’est-à-dire de l’utilité que ce qu’il apprend a pour lui, pour sa vie, pour sa croissance. L’éducation doit donc donner conscience, c’est la son but primaire et substantiel : l’être humain doit acquérir autonomie, auto-estime et conscience de soi, développant son « pilote », le moi capable de gérer ce puissant moyen qu’est son cerveau, pour atteindre la puberté conscient de son potentiel biologique et psychologique et de ce qu’il doit faire pour le gérer et utiliser. A présent on voit, bien au contraire, des jeunes gens qui arrivent à la puberté – et sont donc prêts à procréer – sans encore savoir quel est le but de l’être humain et de la vie !

Il faut se rendre compte de la gravité de la situation ainsi que de l’ignorance par laquelle on met au monde un enfant et on l’ « éduque » : un enfant nait, vit, a derrière lui une histoire infinie biologique et culturelle, et on ne lui explique pas les raisons pour lesquelles on l’a fait naitre ? Les parents devraient « dire » à leur enfant, par des mots animés d’émotion : « Tu es notre bonheur. Notre amour nous a poussés à donner vie à la vie et tu es le résultat de notre amour ».Pensons à un enfant qui grandit avec cette conscience : il ne pourra qu’éprouver de la joie d’être né, de grandir, de vivre ! Créons une éducation qui va permettre à la femme et à l’homme de mettre au monde leurs enfants avec conscience, sans plus les faire naitre « par faute » ou pour des raisons n’ayant rien à voir avec l’importance et la sacralité de la vie. Faisons en sorte que l’ignorance appartienne au passé, classons les fautes qui en sont dérivées et repartons du présent, grâce à une science pouvant expliquer l’anatomie et la physiologie de la conscience. A présent cette science existe, nous l’avons créée, elle se fonde sur la Neuropsychophysiologie : tenons-la comme point de départ pour toute forme d’avancement des connaissances, en éliminant de la culture tout ce qui offense la dignité humaine. L’œuvre de chacun de nous doit améliorer la qualité de la vie des êtres humains, dans le respect de leur dignité! Tout ce qui nie cette valeur à quoi sert-il ? A élever le niveau de pollution ? A faire proliférer les armements chimiques, atomiques, bactériologiques ? A nous mettre en condition de combattre et détruire? Ce n’est pas la voie pour la dignité humaine. La dignité unit tout le monde: elle ne veut pas de suprématie, d’abus de pouvoir, de vengeance, elle veut s’exprimer et créer de l’harmonie pour soi et les autres. L’article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme affirme que «tous les hommes naissent égaux en dignité et droits », mais qu’est-ce que veut dire qu’ils « naissent égaux » ? Cela veut dire que la dignité est une valeur que l’on n’acquiert pas le long de la vie, mais est innée, elle est intrinsèque au génome humain, c’est une valeur que l’on acquiert par don naturel ou divin, au-delà de la façon par laquelle on représente le divin, et je parle en tant que scientifique, non pas en tant que philosophe ou homme de religion.  Nous ne sommes surement pas un projet qui s’est auto-réalisé, mais un projet « pensé » par un grand amour, car on ne peut ne pas voir de l’amour dans l’harmonie et dans la dignité ! On ne peut ne pas jouir de la « technologie naturelle » qui a en soi une intelligence si profonde qu’elle pénètre toute forme de vie existante et nous permet d’éprouver des émotions très belles déjà face à l’harmonie d’une fleur.

Nous passons souvent du temps face nombre de formes d’ « œuvres d’art » et ne donnons pas la juste valeur aux formes infinies de l’ « œuvre naturelle »qui a en soi une harmonie sans fin. Alors mettons en condition l’être humain d’aimer tout d’abord la créativité et l’amour de la nature et de notre nature même. Jouissons d’un enfant, créons autour de lui des stimuli positifs, engageons-nous à lui faire sentir émotions de joie, et cela nous donnera une grande auto-gratification car nous pourrons jouir des résultats de notre action, nous pourrons jouir en voyant cet enfant résonner avec notre amour et nous en transmettre encore davantage. N’oublions pas que rester auprès des enfants signifie de grandir, car ce n’est pas facile de communiquer avec eux : nous devons faire ressortir la partie la meilleure de notre cerveau, en activant ces zones préfrontales où réside le moi, qui doit pouvoir guider tous nos actions, mots, comportements, en recherchant l’essence de chaque personne au-delà de tous ces formalismes que le cerveau a été obligé d’apprendre et de répéter. Prenons acte de la situation et allons de l’avant : laissons tomber l’oubli sur tout le négatif que nous avons créé, ne rejetons plus sur personne les fautes, mais « retroussons nos manches » et projetons un monde dans lequel chacun puisse exprimer les valeurs qui l’unissent à tous les autres, les valeurs universelles inhérentes au génome humain. Unissons-nous dans l’effort de projeter et bâtir un monde où chacun puisse grandir et être heureux de vivre. Il ne s’agit pas d’une utopie, mais d’un projet que chaque Etat peut réaliser à travers l’éducation de la dignité et de la conscience humaine, c’est-à-dire une éducation qui ne laisse plus d’espace à nulle forme d’imposition, constriction, chantage, punition, humiliation, car il s’agit d’une véritable violence sur l’enfant, une « dictature » voulant le contraindre à obéir en violant ses pulsions génétiques. Personne est coupable de ces « crimes » fruit de l’ignorance, mais à présent on est en train de les mettre en lumière et d’indiquer la méthode pour ex-ducere le potentiel humain. Et, si on a pris conscience de la voie parcourue ainsi que de celle qu’il nous reste encore à parcourir, nous ne pouvons feindre de n’avoir pas compris ou essayer de minimiser la gravité de la situation ou encore chercher des alibis et des justifications pour ne nous engager pas, car chacun de nous est responsable de ce qu’il ou elle a compris : au moment où l’on a conscience on devient en effet responsables et la responsabilité est directement proportionnelle au niveau de conscience et de connaissance qu’on a de nous-mêmes et du monde. Si quelqu’un a des doutes à cet égard, qu’il conteste ce que j’affirme et démontre que ce n’est pas vrai, mais si vous reconnaissez comme vrai ce que j’affirme au-dedans de vous, si vous l’entendez résonner dans vos gènes, alors chacun s’en assume la responsabilité et commençons à travailler ensemble pour réaliser ce projet de renouveau, œuvrant de façon créative pour réaliser ce qu’on a compris et nous engageant à donner notre contribution individuelle pour améliorer la qualité de la vie et les rapports humain.

De grands sages ont affirmé, le long de l’histoire, que, si chaque jour on n’ajoute pas quelque chose de nouveau à nos connaissances, nous gaspillons notre vie et le but de la vie c’est de grandir en conscience et connaissance. Ce colloque propose de nouvelles connaissances utiles à tous, c’est pour cela qu’on a synthétisé dans le document « Prémisses et objectifs de l’éducation pour la dignité humaine » les points fondamentaux pour donner vie à une éducation centrée sur le respect de la dignité humaine.

Unissons nos forces et agissons ensemble en cette direction si nous voulons donner un espoir à l’humanité. Ce ne sont pas des mots, mais un appel que j’adresse à toutes les institutions et les gouvernements de la planète, avec la conscience que, si l’éducation pour la dignité humaine n’est pas activée le plus rapidement possible, les nouvelles générations sont destinées à l’ « autodestruction » car le chaos informationnel a atteint des tels niveaux que les cerveaux sont en train de saturer. Nous soignons des gens de tous les âges et voyons clairement ce qui se passe : les psychopathologies augmentent, les gens « deviennent folles » pour une pensée, pour un mot, vivent des tensions et des angoisses qui les dominent et sont remplies de substances qui ne sont absolument en mesure de soigner leurs « maux ». Les psycho-remèdes ne sont pas, en effet, une thérapie car ils n’agissent que sur les symptômes et non pas sur la cause qui les engendre: ils peuvent être utiles en tant que « secours urgent », mais doivent être administrés temporairement avec la connaissance qu’il faudra les ôter pour remettre le cerveau dans les mains de son pilote, le moi de la personne, ce moi que l’éducation a la tache de former, en prévenant ainsi l’apparition de tous les malaises et souffrances psychologiques qui débouchent ensuite en celles qu’on diagnostique comme des psychopathologies.

Engageons-nous donc tous pour réaliser une méthode éducative qui donne la centralité à la dignité humaine. Les lois reconnaissent déjà cette valeur, solennellement proclamée dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : ne la mettons plus en discussion, mais respectons-la, permettant à l’individu de développer sa propre conscience, connaissant sa dignité et celle de tous les autres êtres humains. Tout part de l’éducation : en juin 1993, au Congrès de l’ONU à Vienne, plus de 180 pays ont été concordes en affirmant la centralité de l’éducation ; en décembre 1993, à Rome, nous avons lancé la Décennie pour l’Education aux Droits de l’Homme, que l’ONU a acceptée et proclamée officiellement l’année suivante. Il y a eu nombre d’étapes de ce parcours vers l’affirmation et l’alphabétisation des droits de l’homme et, par le colloque d’aujourd’hui, nous définissons les prémisses, les buts et la méthode pour donner vie à l’éducation pour la dignité et la conscience humaine: d’ici une nouvelle « voie » s’ouvre, qui doit mener à une réforme mondiale des systèmes d’éducation pour permettre avant tout le développement du moi à partir des premières phases de la vie.

L’éducation que nous sommes en train de proposer est universellement valable car le projet génétique qui donne vie à l’être humain est identique chez tous les hommes et les femmes de la Terre : il est identique dans la substance, dans le potentiel qu’il renferme en lui et se diversifie ensuite dans l’expression créatrice et consciente d’une conscience individuelle qui développe et exprime son originalité et sagesse, dans le respect de la dignité humaine.         

 

 

 

RECOMMANDATIONS

1) L’éducation est un acte continu et constant orienté vers le fin d’atteindre graduellement son but primaire de rendre chaque individu conscient de la valeur de son existence et de son caractère unique comme dignité de l’être qui en aucun cas ne peut être violée, altérée, faite objet de trafic.

 

2) L’éducation doit porter graduellement l’individu à la prise de conscience de tout son potentiel biophysique, psychologique, de connaissance.

 

3) L’éducation doit ex-ducere l’auto-estime fournissant la possibilité d’autocritique et favorisant le dépassement de tout obstacle limitant la croissance de la conscience et de son expression.

 

4) L’éducation forme le moi de l’enfant à travers la connaissance objective et du but de la réalité, c’est-à-dire l’identification des raisons pour lesquelles chaque chose existe ainsi que de son utilité substantielle.

 

5) L’éducation doit former le moi par la connaissance ; l’instruction doit fournir au moi et à son cerveau tous ces outils culturels (linguistiques, mathématiques, technologiques, symboliques) utiles à son expression consciente et créatrice.